Pratique
Récupérer son nom de domaine en cinq étapes.
Le nom de domaine est le seul élément de votre présence en ligne qui ne se refait pas. S'il n'est pas à votre nom, c'est la première chose à corriger.
Publié le 12 septembre 2026 · lecture 6 min
Un site se reconstruit. Un nom de domaine qui a huit ans d'historique, des liens entrants et vos adresses e-mail, non. C'est pour cette raison que nous achetons toujours le domaine au nom du client et que nos conditions générales prévoient son transfert sur simple demande et sans frais.
Tous les prestataires ne fonctionnent pas ainsi. Si le vôtre détient votre domaine, voici la marche à suivre.
Étape 1 — Savoir où il est et à qui il est
Deux choses à distinguer : le titulaire (le propriétaire légal) et le registrar (l'entreprise chez qui le domaine est enregistré).
Pour un .ch, l'annuaire public du registre suisse
(whois de SWITCH, via nic.ch) vous donne le registrar. Pour un
.com, la recherche whois de l'ICANN. Les coordonnées du
titulaire sont souvent masquées pour des raisons de protection des
données, mais le registrar, lui, est toujours visible — et c'est ce dont
vous avez besoin.
Notez aussi la date d'expiration. Si elle est dans moins de quinze jours, traitez le dossier en urgence : un domaine expiré peut être racheté par n'importe qui.
Étape 2 — Demander le transfert, par écrit
Écrivez au prestataire un message court, factuel, en demandant explicitement ces trois éléments :
- le code d'autorisation de transfert (appelé code auth, code EPP ou authcode) ;
- le déverrouillage du domaine (le transfer lock) ;
- le passage du titulaire à votre nom, si le domaine n'est pas déjà à votre nom.
Fixez une échéance raisonnable — dix jours ouvrables — et gardez une trace écrite. Dans la grande majorité des cas, cela suffit : la plupart des prestataires n'ont aucune envie de garder en otage le domaine d'un client qui part.
Étape 3 — Ouvrir un compte chez un registrar, à votre nom
Créez le compte avec votre adresse e-mail et votre carte — c'est ce compte qui fera de vous le propriétaire pour les dix prochaines années. N'utilisez pas une adresse qui dépend du domaine que vous transférez : si le transfert tourne mal, vous perdez l'accès à votre boîte en même temps que le domaine.
Pour un .ch, un registrar suisse simplifie la facturation
et le support en français. Le tarif courant tourne autour d'une dizaine
de francs par an ; la différence de prix entre registrars est
négligeable, la qualité du support ne l'est pas.
Étape 4 — Lancer le transfert
Depuis le nouveau registrar : « transférer un domaine », puis le nom et le code d'autorisation. Le registre envoie une demande de confirmation à l'adresse du titulaire. Confirmez.
Comptez de un à sept jours selon l'extension. Pendant ce temps, votre site et vos e-mails continuent de fonctionner : un transfert de registrar ne change pas les DNS. C'est une inquiétude fréquente et injustifiée.
Deux détails qui coincent : un domaine enregistré ou transféré il y a moins de soixante jours ne peut pas être transféré à nouveau (règle de l'ICANN), et un domaine resté verrouillé fera échouer la demande sans explication claire.
Étape 5 — Vérifier les DNS, et surtout les e-mails
Une fois le transfert terminé, ouvrez la zone DNS chez le nouveau registrar et comparez-la à l'ancienne, ligne par ligne. La plupart des registrars reprennent les enregistrements automatiquement, mais pas tous.
Regardez en particulier :
- les enregistrements A et CNAME, qui font pointer le site ;
- les enregistrements MX, qui font arriver vos e-mails — c'est là que se produisent les accidents ;
- les enregistrements TXT de type SPF, DKIM et DMARC, sans lesquels vos e-mails partent en indésirable.
Faites la vérification un jour de semaine, le matin, et envoyez-vous un e-mail de test depuis une adresse extérieure dans l'heure qui suit.
Si le prestataire ne répond pas
- Relancez par écrit, en recommandé s'il le faut, en citant votre contrat et en fixant un délai.
- Écrivez directement au registrar avec vos preuves de propriété : factures de renouvellement, extrait du registre du commerce, marque déposée. Les registrars ont une procédure pour les litiges de titularité.
- Pour un
.ch, le registre suisse dispose d'une procédure de règlement des différends ; pour les extensions génériques, c'est la procédure UDRP de l'OMPI. Elles sont conçues pour les cas de mauvaise foi et ont un coût. - En dernier recours, achetez une variante
(
.chau lieu de.com, ou un nom légèrement différent) et redirigez. Vous perdez de l'historique, mais vous reprenez le contrôle — et c'est souvent moins coûteux qu'une procédure de six mois.
Pour que cela n'arrive plus
- Le domaine est enregistré à votre nom, sur un compte dont vous avez les identifiants.
- L'adresse e-mail du compte ne dépend pas du domaine lui-même.
- Le renouvellement automatique est activé, sur une carte valide.
- Le verrou de transfert est activé en temps normal : c'est ce qui empêche un détournement.
- Vos identifiants sont notés ailleurs que dans la tête d'une seule personne.
Nous appliquons cela par défaut : le domaine est acheté à votre nom, il reste votre propriété en tout temps, et il vous est transféré sur demande sans frais, y compris si vous partez ailleurs. C'est écrit dans nos conditions, ce qui est le seul endroit où cela compte. Si vous avez un domaine à récupérer avant de refaire votre site, dites-le nous : c'est une opération que nous faisons régulièrement.
Questions fréquentes.
Les questions qu'on nous pose sur ce sujet, avec la réponse courte.
Perd-on son site et ses e-mails pendant un transfert de domaine ?
Non. Un transfert de registrar ne modifie pas les DNS : le site et les e-mails continuent de fonctionner. Les coupures viennent d'une zone DNS mal recopiée après le transfert, en particulier des enregistrements MX.
Que faire si l'ancien prestataire refuse de rendre le domaine ?
Relancer par écrit avec un délai, puis saisir le registrar avec des preuves de propriété. Il existe une procédure de règlement des différends pour les .ch et la procédure UDRP de l'OMPI pour les extensions génériques.
Combien coûte un nom de domaine .ch par an ?
Une dizaine de francs par an chez la plupart des registrars. L'écart de prix entre prestataires est négligeable.
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